Orange, vers la démocratisation du code et un marketing plus responsable

Supercodeurs

A l’occasion de Supercodeurs, dernier projet d’Orange RSE pour la EU Code Week, nous nous sommes rendus à Orange Village à Arcueil, pour rencontrer Denis Gomez, responsable de la communication environnement et RSE pour Orange France, l’occasion de s’intéresser à la place de la RSE au sein de ce géant des télécoms.

Comment le projet d’Orange RSE a t’il vu le jour ?

DG: Les ondes radio est un des premiers sujets qui a été adressé en terme de responsabilité sociale pour Orange. C’est un domaine sur lequel un opérateur comme nous est très sollicité. En effet, à partir du moment où on installe des antennes relais, on peut rencontrer des craintes de la part des locaux et des utilisateurs, qui s’adressent à nous pour poser des questions.
Très vite, l’environnement au sens large est entré dans la perspective, avec la mission de réduire notre impact en tant qu’entreprise, aider la baisse de la consommation d’énergie, le traitement des déchets et le recyclage. D’autres sujets sont venus enrichir progressivement notre politique de responsabilité sociale, notamment ceux de la protection des enfants et des données sur internet.
Par ailleurs, depuis de nombreuses années et bien avant le projet RSE, Orange se concentre sur des sujets sociaux comme le contrat social, mis en place à l’interne, et géré par la direction des ressources humaines.

Orange prend le parti d’accompagner les familles dans l’écosystème numérique, pouvez-vous nous éclairer sur ce volet pédagogique ?

DG: Sur l’aspect famille, une solution de contrôle parental existait déjà à mon arrivée en 2011. Le contexte réglementaire oblige en effet tout opérateur télécom à proposer cette option dans chacune de ses offres. À partir de 2012, nous nous sommes aperçus dans nos études que le sujet principal de préoccupation était celui de la protection des enfants sur internet. Aussi nous avons lancé des actions de sensibilisation pour répondre à ces attentes, à commencer par le “cours des parents”. Son objectif était de faire connaître ces solutions de contrôle parental très peu utilisées et les expliquer lors de formations en boutique. Nous en sommes aujourd’hui à 8 campagnes de formations dans des boutiques Orange en France depuis 2012. D’autres sujets se sont ajoutés depuis, comme l’utilisation des réseaux sociaux et Facebook, pour comprendre, gérer et régler la confidentialité d’un profil, les jeux vidéos ou encore l’univers du mobile chez les ados. Nous sommes dans une démarche de sensibilisation, l’idée est d’aider les parents à comprendre l’univers et les usages des jeunes, leur faire voir les bonnes pratiques puis leur offrir les experts et les outils pour les aider. En ce moment nous travaillons avec le collectif Pédagojeux pour la campagne de sensibilisation aux jeux vidéos. Nous ne sommes pas spécialistes de l’enfance ni des jeux vidéos, alors nous nous appuyons sur les bons experts afin de construire un discours et des contenus pertinents pour les parents.

Supercodeurs est votre dernier projet, monté en partenariat avec Simplon. Quels en sont l’origine, les grandes lignes et le bilan ?

DG: Orange est partenaire de Simplon depuis début 2014. Leur objectif est de faciliter l’accès à l’apprentissage du code pour les minorités (gens issus de milieux défavorisés ou les femmes), moins représentées dans ce métier. Nous soutenons cette initiative car c’est une extension de notre politique. Cette année pour la seconde EU Code Week, et dans le cadre de notre programme “Better internet for kids”, nous avons décidé d’aller vers le sujet du codage, car on constate aujourd’hui que tout le monde connaît le “numérique”, le “digital”, mais peu de gens savent comment ça marche. La clé, pour innover dans les nouvelles technologies, c’est de savoir développer et sur ça on manque de compétences. C’est une source d’emploi pour les jeunes, s’ils comprennent comment ça marche ils trouveront plus facilement du travail. L’innovation, c’est aussi soutenir les futurs talents du numérique, et l’apprentissage du code en fait partie.

L’idée était de proposer des ateliers dans différents pays de la marque Orange, notamment l’Espagne, la Pologne, la Roumanie et la France, dans lesquels les enfants pourraient apprendre à coder de façon ludique avec le logiciel Scratch. Simplon est intervenu sur toute la conception du module et chaque pays a organisé des ateliers de codage sur la base de ce contenu. Chaque atelier était animé par des membres de Simplon ou des partenaires locaux, ainsi que des animateurs d’Orange Labs. Une cinquantaine de formateurs d’Orange se sont répartis sur les 6 dates en France: Montreuil, Paris, Toulouse, Bordeaux, Rennes, Pleumer Bodou.

Quant au bilan, il est très positif, autant pour les enfants que les parents. Nos animateurs étaient aussi très motivés, ils sont aujourd’hui environ 160 formés à l’outil Scratch en interne et peuvent animer ce genre d’atelier. On a un bilan très positif aussi dans les autres pays en Pologne, Espagne et Roumanie, eux aussi sont ravis et veulent organiser d’autres types d’ateliers. On ne va pas s’arrêter là, l’idée est aussi de pérenniser la démarche. On n’aura pas la prétention de former les participants de A à Z, mais plutôt de les sensibiliser, de les initier, nous avons pris le parti de faire de l’évangélisation sur le sujet du code auprès du grand public, notamment la future relève. Il y aura d’autres actions et d’autres ateliers, notamment pour la Code Week l’année prochaine où nous mettrons en place un plus gros dispositif (ndlr: 115 enfants, garçons et filles ont participé cette année aux ateliers sur les 6 villes).

ndlr: Cette initiative à l’avantage de placer Orange comme une référence sur le sujet du code, et pourra par exemple encourager des futurs développeurs ou startupeurs à se tourner vers Orange dans le futur

Ce projet s’inscrit dans une mission plus large: contribuer à réduire la fracture numérique, comment envisagez-vous ce grand chantier ?

DG: Effectivement, nous avons le projet d’élargir l’accès au numérique. Nous sommes convaincus que le numérique et les NTIC sont un outil de progrès social pour tous, à la fois pour développer l’économie, l’emploi, mais aussi pour former et ouvrir l’accès aux métiers du numérique. C’est aussi pour cela que l’on soutient aussi des startups que nous accompagnons et hébergeons pendant 3 mois avec le programme Orange Fab, ou d’autres startups que nous mettons en avant dans des boutiques Orange en région pour les aider à se faire connaître. Nous avons nos propres labs, un grand nombre d’ingénieurs et de chercheurs qui travaillent sur les technologies du numérique, mais travailler avec des startups, souvent très souples et créatives, permet d’avoir une autre vision.
Les Mooc (ndlr: Massive Open Online Courses) sont des projets différents, mais ils font partie des initiatives d’Orange pour partager les connaissances autour du digital. Considérant que notre métier d’opérateur est de mettre les gens en relation en utilisant les technologies du numérique, il est naturellement de notre responsabilité de donner à nos clients les clefs pour les utiliser tous les jours. De plus, nous sommes dans une logique où la relation client est centrale dans notre métier, des services comme les Mooc permettent d’accompagner les clients dans leurs usages du numérique, pour créer de la valeur et les fidéliser au-delà de la simple vente de produit. Donc oui, s’’il y a un axe sur lequel nous mettons l’accent aujourd’hui, c’est bien celui de réduire la fracture numérique, favoriser l’accès au haut débit, à la 4g, à la fibre, voir d’autres technologies, avec l’accompagnement adéquat. Par extension ça inclue d’apprendre le code, aider les startups.

Chez Orange, comment la RSE s’intègre t’elle dans les problématiques business de l’entreprise ?

DG: Nous sommes liés au métier et au business d’Orange. Il est essentiel que la croissance de l’entreprise se fasse dans le respect de ses salariés, de la société et de l’environnement. Sur les offres purement marketing, une étape RSE est intégrée au process TTM (ndlr: Time To Market, processus de lancement d’un produit). Il s’agit d’un questionnaire qui permet d’évaluer le degré de responsabilité d’une offre ou nouveau produit, que ce soit sur la question de la protection des enfants, des données ou de l’environnement. Contrairement à ce qui se passait avant, où on se demandait comment on allait communiquer au sujet d’une offre au moment de son lancement, les questions RSE se posent en amont, dans le process et bien avant le lancement de l’offre, on appelle ça le marketing responsable, c’est valable pour tous les produits et services.
Nous avons aussi des clauses RSE pour nos prestations avec des fournisseurs. Par exemple, pour les mobiles, on demande aux équipementiers de fournir les données sur leurs téléphones pour évaluer l’impact environnemental des produits qu’on va commercialiser, ces données nous permettent d’établir une note environnementale sur les téléphones en vente. L’idée est de créer la transparence en informant les consommateurs, afin de les aider à mieux choisir.

Ndlr: Cette volonté de renforcer le discours responsable et créer des contenus et services à vocation utile viennent compléter l’autre pendant du contenu d’Orange, beaucoup plus axé divertissement. En effet, à l’heure où les consommateurs se sentent tiraillés entre l’envie d’acheter des produits “cool” et leur volonté grandissante de consommer de façon responsable, tenir ce discours constitue une nouvelle forme d’arguments commerciaux.
D’autre part, avec le flux ininterrompu des innovations et l’universalisation de l’accès au digital, le code est en passe de devenir un langage universel de référence et un pré-requis professionnel pour les futures générations qui baigneront dans le numérique et les objets connectés. Se positionner sur le code, c’est se positionner sur le monde de demain.

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